
Le 29/09/2008

Jamais cet Orl�anais �g� de 45
ans et anciennement titulaire d'un record de 7h 31' n'aurait envisag� de d�crocher un
titre de champion de France. C'est chose faite et qui plus est dans l'excellent temps de
7h 04' 54". Il devance Fr�d�ric CHOPIN, 7h 08' 38" et Jean-Jacques MOROS, 7h
12' 42"
Pascal GIRY
"Un parfum diff�rent"
VO2 : Comment es-tu venu au
100 km ?


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Je
viens du cyclisme sur route, mais lhiver je courais les cross. En 2003, jai
fait ma derni�re saison de v�lo parce que jen avais assez, � pr�s de 40 ans de
faire le yoyo entre la premi�re cat�gorie et le niveau r�gional. Face aux jeunes de 20
ans qui arrivaient, �videmment javais du mal � lutter et la lassitude a fini par
me gagner. En 2000, par d�fi, bien qu�tant cycliste, jai particip� au
marathon dOrl�ans que je termine en 2h 50 en appr�ciant ce type
deffort. Voil� pourquoi, apr�s avoir raccroch� en 2004 jai d�cid� de me
consacrer � la course � pied pour concilier ce sport, avec la vie de famille et mon
travail dune mani�re harmonieuse. Jai recouru Orl�ans en 2004 en 2h 38
puis en 2005, jai r�ussi 2h 33 � Cheverny. Ca reste mon record. A partir de
l�, jai voulu d�couvrir autre chose et me lancer sur 100 km. En 2007, jai
ainsi pr�par� les 100 km de Chavagnes. R�sultat : 7h 31 et une 9�me place aux
championnats de France.
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VO2 : Comment avez-vous pr�par� ces 100 km de
Theillay ?

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Mon
entra�neur, Patricia RICARD ma con�u un plan dentra�nement, � base de
s�ances de VMA, dallure marathon et de sorties longues. Jai d�but� cette
pr�paration fin juin, apr�s les championnats de France des 10 km. Le volume hebdomadaire
na jamais exc�d� 125 km et ma plus longue sortie na pas d�pass� les 3h
10 soit 44 km. Comme quoi, il vaut mieux privil�gier la qualit�, sur la quantit�.
Concernant la VMA, je faisais des 30 30, ou des 200
m�tres, toujours le mardi. Les jeudis, jencha�nais des 1000 m en 3
20, ou des 1500 en 5. Les samedis �taient consacr�s � allure
marathon, soit un rythme de 3 41 au kilom�tre et les dimanches � la
sortie longue. |
VO2 : Quattendais-tu de ce France ?

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Je
suis un peu bizarre. Je ne venais pas l� sp�cialement pour faire un temps, mais plus une
place. Ancien cycliste, jai gard� la mentalit� du v�lo, o� ce qui compte
cest la place. De toute fa�on, il faut �tre r�aliste. A partir du moment, o� tu
rentres dans les 5 premiers, tu r�alises obligatoirement un bon chrono. Mais en aucun
cas, je pensais �tre en mesure de d�crocher le titre.
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VO2 : Justement, avec Jean-Jacques MOROS tu es parti
sur des bases de moins de 7 heures, alors que ton record est de 7h 31,
n�tait-ce pas suicidaire ?

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On
a couru les premiers kilom�tres � 3 45 de moyenne. Jaurai pu me
relever et attendre mais je me suis dit advienne que pourra. Javais conscience que
je pouvais me retrouver dans la gal�re. Si tu nessayes pas, tu ne peux savoir, ce
dont tu es capable. Vers le 60�me km, Jean-Jacques ma l�ch�. Je commen�ais �
�tre moins bien et je savais ce quil valait. Jai pens� : � Tant pis, il est
plus fort que toi �. Raisonnablement, jai r�duit lallure en pensant
quil me restait la possibilit� dam�liorer mon record. Mais je ne le voyais
pas senvoler et sans acc�l�rer, jai fini par revenir � son niveau. Peut
�tre n�tait-il pas dans un bon jour ? Jai cru que lon allait rester
ensemble, mais � son tour il a l�ch�. Comme quoi, il faut oser prendre des risques. Au
d�part mon entourage pensait que je partais � la casse. Mais un championnat, �a reste
la course dun jour et ce nest pas forc�ment le d�tenteur du meilleur chrono
qui lemporte. Et quand je me suis retrouv� devant je nai pas c�d� �
leuphorie. |
VO2 : De quoi as-tu souffert le plus ?


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De
la fin de parcours. Les 30 derniers kilom�tres ont �t� terribles. Il faisait plus de
30� et je navan�ais plus qu� 445 au kilom�tre. Malgr� tout,
javais le mental. Tant quon est devant, on ne doit pas se poser de questions,
mais rester dans sa bulle et g�rer avec les moyens du bord.

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VO2 : Quand as-tu compris que tu pouvais gagner ?


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A 3km de larriv�e, mon suiveur ma dit :
� Cest bon, tes champion de France �. Ne connaissant pas les �carts, je ne
voulais pas ladmettre. Je n�tais pas � labri dun malaise. En
fait, il faut rester lucide jusquau bout et consid�rer quune course
nest gagn�e, quune fois la ligne franchie. Bon quand jai vu le clocher
de l�glise de Theillay, jai compris que c�tait pour moi. Jai
alors saisi la main de mon accompagnateur v�lo, parce que sans lui je naurais pas
pu terminer premier. Il me conna�t par cur et je nai pas � lui parler durant
leffort. M�me si cest moi qui cours, on forme une sorte de tandem.
Franchement, jamais je naurais pens� d�crocher un titre de champion de France.
Quand jai coup� le finish, jai juste compris que javais explos� mon
record. Je crois que jen prendrai vraiment conscience quand jach�terai le
journal local et que je verrai mon nom �crit en lettres capitales. N�anmoins, quand mon
fils ma appel� et ma dit : � Papa tes un champion �, jai �t�
�mu aux larmes et l�, jai senti que cette victoire avait un parfum diff�rent. |

Jean-Jacques MOROS, Pascal GIRY,
Fr�d�ric CHOPIN
�
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